Une retropective du cinéaste et photographe américain Paul Strand à la fondation Henri Cartier Bresson
Paul Stand, cinéaste et photographe, a abordé la photographie a une époque où on se demandait encore quelle était sa place dans la société et parmi les arts. Instrument de témoignage social au service du politique ou art à part entière ? Toute sa vie, il jouera de cette ambiguïté, comme les générations de photographes qui lui succéderont.
Cette exposition le présente, selon moi, comme un précurseur de la photographie documentaire engagée. Dès 1940, il voyage et cherche à saisir l’esprit des lieux tel qu’il se présente avec force. Il refuse toute mise en scène ou retouche et invente ainsi la « Straight photography« . Il s’agit d’un style photographique dans lequel le réel suffit à sa propre représentation. L‘intervention du photographe y est minimale.
Paul Strand s’installe dans des territoires et montre ce qui les caractérise. Il croit en l’esprit des lieux et les représente à travers ses habitants principalement, mettant en avant ce qui leur est propre et en quoi ils font communauté. Ainsi, il capte l’esprit de villages en Nouvelle-Angleterre, en Italie, en France, au Ghana, en Egypte et aux Nouvelles-Hébrides. Pour chacun, il se donne pour objectif de publier un livre, en s’associant avec un écrivain, afin de pouvoir déployer une narration en longueur et en profondeur.
Une exposition sur la puissance de la photographie comme représentation du réel, à méditer avec urgence.
Exposition à voir à la Fondation Henri carier Bresson jusqu’au 23 avril